Respire.. Reste là.

 

 

Lettre à nous-même..

 


Profite. Assieds-toi. Prends soin de cet instant.

1) Ferme les yeux et pense à un souvenir heureux.
2) Visualise la scène, visualise les personnes qui étaient présentes à ce moment.

3) Ressens ce que cette scène réveille en toi.
4) Écoute ton corps, sens-le vibrer à l'intérieur, à l'extérieur.
5) Laisse les sensations redessiner cette scène.
6) Plonge dans la scène.
7) Savoure, frissonne, respire, écoute.
8) Reviens à toi

Ton unicité, c'est toi. C'est toutes ces sensations qui font que tu es celui que tu es.
C'est toutes ces expériences qui t'ont conduit à être celui ou celle que tu es, aujourd'hui. On ne peut rien changer du passé. On ne veut plus vivre dans cette projection vers l'avenir, dans l'attente de jours meilleurs. On est fatigué d'essayer de sauver le monde, et de se sauver soi-même. Toute l'énergie qu'on met pour tenir les murs de la baraque, nous ne la mettons pas à nous aimer, à nous connaître, à nous rencontrer. Nous ne la mettons pas à se rencontrer, soi, ni à prendre le temps de rencontrer l'autre. On est tellement certains d'avoir trouvé le véritable enjeu pour sauver la planète et l'humanité, qu'on passe notre temps à expliquer aux autres qu'ils se trompent. On crée cette distance entre nous. On crée cette violence en nous. Tu pourras toujours dire que c'est à cause de notre mode de vie, à cause du gaspillage, de notre manque de tacte, de notre époque, de nos différences, tu peux choisir le prétexte que tu veux.

 

Depuis un certains point de regard, c'est faux. En dessous de tout ces prétextes, nous avons peur de ce que nous sommes. Nous avons peur de sentir que cette violence qui nous dégoute vit en nous, qu'elle fait partie de notre humanité. Nous avons peur d'être seul, d'être abandonné, nous avons peur que notre fragilité soit vue comme une faiblesse. Nous Savons que si nous montrons nos blessures, notre hésitation, nos doutes, si nous acceptons de montrer cette vulnérabilité, l'autre aura la possibilité de se moquer, de nous blesser à nouveau, de remuer le couteau dans la plaie. Mais nous avons oublié que lorsque nous acceptons ces blessures, nous offrons à l'autre la possibilité de nous embrasser, de nous consoler, de nous aimer tel que nous sommes. Nous avons oublier qu'en arrêtant de cacher notre fragilité, nous faisons preuve de courage, nous faisons le premier pas, nous invitons l'autre à faire de même.


N'avez-vous pas envie de vous aimer dans cet espace où vous ne vous cachez plus derrière vos airs de dédain et de supériorité ?
Pensez-vous que les autres ne font pas semblant de gérer si bien leur vie ? pensez-vous que s'ils vous parlent autant de leur bien-être c'est parce qu'ils doutent d'aller aussi bien que ce qu'ils prétendent ? Lorsqu'on se sent vraiment bien, lorsqu'on est heureux, a-t-on besoin de convaincre l'autre que nous allons bien ? Ou avons-nous seulement envie de profiter de ce qui se présente à nous, d'en jouir, d'en témoigner, à travers ce que l'on est, à travers ce que l'on crée ?
As-tu réellement besoin de tout justifier, de montrer que tu t'en sors ? N'as-tu pas envie de regoûter au frémissant contraste de la vie ?

 

Le problème, pour moi, il est là :

On cherche a montrer qu'on est meilleurs que les autres, parce qu'on doute d'être bon, parce qu'on doute d'être beau, parce qu'on doute d'être digne d'amour, parce qu'on ne s'aime pas soi-même.
On cherche un but, on cherche à comprendre, pour pouvoir expliquer aux autres et dire qu'on s'en sort mieux qu'eux. On joue beaucoup trop sérieusement au jeu de celui qui a la plus grosse. On critique les autres, au lieu de progresser. On continu de voir des personnes qui ne nous plaisent pas, qui nous sont désagréable.

Pour quel motif ? La loyauté ? Est-ce loyal de mentir à ton ami en lui cachant ce que tu ressens pour lui ? Est-ce que c'est loyal de ne pas être honnête avec lui ? De lui cacher ton ressenti ? Est-ce que le fait de mettre de l'eau dans ton vin te donne envie de boire cette piquette ?

 

Pourquoi insistes-tu ? Qu'y a t-il à comprendre ? N'y a t-il pas qu'à ressentir, qu'à profiter, qu'à jouer, qu'à danser, qu'à expérimenter, qu'à choisir ?


On est en train d'oublier notre part animale, notre instinct, notre intuition, nos sensations.

On a oublié que toute cette diversité humaine est un jeu où l'on se rencontre à travers l'autre.
Où est passée votre curiosité ? Votre capacité à vous émerveillez ? À accueillir, à refuser ?
Qui veux-tu être ? Et je pose la question parce que tu as vraiment le droit de changer ce qui, dans ta vie, n'est plus satisfaisant. Tu n'es esclave que de toi-même. Tu as seulement trop peur de faire de nouveaux choix et d'être critiqué.

 

Tu es beau. Tu es belle lorsque tu souris. Tu ne l'es pas moins lorsque tu pleures. Tu es beau lorsque tu reconnais avoir trop peur. Tu es belle quand tu as le trac.
Tu es beau quand tu hésites, quand tu doutes, et tu es beau quand tu décides de sauter le pas, quand tu oses.
Tu es belle quand tu offres ton amour sans condition. Tu es belle quand tu pleures son départ.
Tu es beau quand tu t'énerves, et aussi quand tu es doux.

Tu es belle quand tu te maquilles, tu l'es aussi en pyjama.

Tu pourras toujours essayer de ne montrer que ton meilleur côté, on sait que tu es humain, que tu n'es pas uniquement ce que tu prétends être et ce que tu défends. Tu n'es pas que la partie visible de l'iceberg. Ton regard, tes mots, ton silence, témoignent de ce que tu penses pouvoir cacher.

 

En revanche, je ne vous trouve pas beau quand vous feintez cette neutralité moisie.

Je ne vous trouve pas beau, quand le balai coincé dans votre cul vous empêche d'en lâcher une pour vous détendre et vous marrer un peu. Je ne vous trouve pas beau quand vous prenez la vie trop au sérieux, quand vous avez oublié de vous faire plaisir, quand vous vous êtes oubliés.

 

C'est bon, la supercherie, on est plusieurs à l'avoir compris. Essayer de devenir quelqu'un ne fonctionne pas. On ne peut pas devenir quelqu'un, puisqu'on est déjà soi. Comment devenir quelqu'un d'autre ? Qu'y a t-il de trop étrange chez toi qui n'ait pas sa place en ce monde ?
Ta folie ? Ta sincérité ? Ta Franchise ? Ton humour ? Ta maladresse ? Ta colère ?
Tu peux fantasmer autant que tu veux, il n'y a rien de plus savoureux que le plaisir de l'instant.

Souviens-toi qu'il ne tient qu'à toi de t'accorder de bons moments, même dans des contextes qui, selon toi, ne sont pas favorables. Veux-tu être le premier à oser quelque chose d'inhabituelle pour décoincer un peu tous les gens autour ? Es-tu prêt à t'offrir quelques plaisirs personnels et égoïstes ? À jouer, naïvement, comme l'enfant que tu as été ?

 

C'est pour ça qu'on a peur des autres. On est incapable de se rappeler que sous la résistance de nos carapaces, sous nos colère, sous nos peurs, sous nos tristesses, sous nos à priori, il y a notre amour et notre envie de vivre la surprise, le mystère, la rencontre.
On oublie qu'on est capable de se comprendre et de s'aimer lorsqu'on arrête de voir un ennemi en face, lorsqu'on s'autorise à redécouvrir, jour après jour, nos proches, nos amis, à travers la surprise, l'envie, l'écoute, la spontanéité.

 

Lorsqu'on se fait confiance, lorsqu'on à plus rien à défendre, on veut simplement jouer, partager, ressentir, se taquiner, être sincère, juste, être touché, se marrer, se faire peur, pleurer, prendre soin, contempler. Tout ce que nous créons est au service de cela.

 

 

Ce n'est pas en ruminant sur ce monde que tu te donnes les moyens d'être celui que tu as envie d'être. C'est en explorant, en rencontrant, en vivant des expériences, en t'autorisant l'inconnu, même dans des contextes où tu crois te connaître.

 

Crois-tu que je n'ai jamais peur ? Crois-tu qu'au moment où j'écris ce texte, je reste neutre ? sans émotion ? sans crainte de te faire ce cadeau ? Sans appréhension sur la façon dont tu le recevras ? Crois-tu que si je n'étais pas sensible et hésitant je serai capable de te dire tout ça ?

On nous a bien enseigné à l'école qui ne fallait pas être triste, qu'il fallait réprimer sa colère, qu'il ne fallait pas faire trop de bruit, qu'il ne fallait pas prendre trop de place.. Et nous, aujourd'hui, on veut tellement éviter d'être dérangé qu'on ne se bouscule plus et qu'on ne laisse plus les autres nous bousculer. On ne dit plus rien lorsque quelque chose ou quelqu'un ne nous convient pas. On s'accommode de cette tiédeur, on retient nos coups, on est toujours dans du business, à vouloir acheter les autres à travers un bon comportement, parce qu'on est incapable de s'aimer soi, parce qu'on est incapable d'aimer l'autre, parce qu'on est incapable de voir que ce qui nous dérange chez l'autre, c'est ce qu'on réprime chez soi, c'est ce qu'on refuse de voir en soi.
De la même façon, ce que l'on aime chez l'autre, c'est ce que l'on aime chez soi.

C'est pas compliqué !
C'est déstabilisant, certes.
Mais ce sentiment de vide nous conduit vers des contrées nouvelles, vers de nouvelles aventures !
Cette instabilité que tu ressens te redonne simplement les rênes de ta vie et de ton chemin.
Personne ne peut savoir mieux que toi la route qu'il faut prendre.
Tu es le seul auteur de ton histoire, de ton expérience.
Tu te crées, instant après instant, un parcours sur mesure. Tu avances à la vitesse que tu veux, et ceux qui voudront voyager avec toi se manifesteront.

 

Tu as déjà fait les premier pas, tu es déjà tombé, tu t'es déjà relevé. Tu sais que ce n'est pas grave.

Prends ton temps, et marche tant que cela est juste.
Repose toi lorsque cela est nécessaire. Ne laisse personne te dire ce qui est bon ou pas pour toi. Ne laisse jamais personne te dire que tu vas trop lentement. Aime ceux qui t'inspirent, dis-leur, montre leur, joue avec eux, et inspire les autres à ton tour.
Respire.. Reste là.

Prends soin de toi.
Je t'embrasse.