Comme un petit enfant

 

 

Mon petit, ma petite.

À quel moment as-tu oublié de jouer ?
Qu'as-tu vu en ce monde pour ne plus en admirer sa beauté ?

Qu'as-tu vécu pour décider de fermer ton coeur à double tour ?

Pourquoi te prives-tu de tes sensations ?
As-tu oublié que la vie est remplie de contrastes et que c'est ce qui la rend merveilleuse ?
Est-ce que le fait de ne plus ressentir la douleur te permet de goûter le plaisir ? La joie ? L'amour ?
N'es-tu pas capable de reconnaître ce que tu es ?
Est-ce que le fait de masquer tes blessures, ta fragilité, te permet d'entrer en sincérité avec l'autre ?


Est-ce que le danseur qui se blesse doit arrêter de danser ?
Est-ce que le comédien qui échoue à une audition doit renoncer à sa pratique ?
Est-ce que le fait de te priver du risque t'excite ?
Te trouves-tu beau dans ton personnage social qui cache tout ? qui ne laisse rien paraître ?

Aujourd'hui, je réalise un peu plus que le plaisir que j'ai à travailler vient du fait que je m'autorise à réveiller l'enfant curieux chez les autres. Mon travail n'est qu'un prétexte pour jouer avec vous, pour vous montrer qu'en vivant pleinement ce que vous faîtes, vous créez des choses merveilleuses, vous vivez des instants magiques, et moi, je le fais parce que je profite de ces instants.


Je veux être là au moment où ta musique jaillira, au moment où tu vibreras vraiment ce que tu es. Je me fais le cadeau de déclencher ces moments pour pouvoir les ressentir, les admirer avec toi.
Je me fais ce cadeau de te rappeler que lorsque tu te trouves beau, sans aucune bonne raison, juste parce que tu vies un bon moment, je te trouve beau !
Je nous aime un peu plus lorsque nous partageons tout ça. C'est pour ça que je suis bon dans mon travail, c'est parce que je le fais pour moi, pour m'offrir des rencontres où la surprise, le mystère, le challenge, l'inattendue, l'extraordinaire, s'invitent à notre table.

Je comprends vraiment, ce soir, que le talent se crée dans la capacité à vibrer, à ressentir nos passions, notre plaisir, notre joie d'être ce que l'on est. Rien n'a besoin d'être justifié, rien n'a besoin d'être caché, nous sommes beau lorsque nous aimons celui ou celle que nous sommes, en entier, et pas que dans ce que l'on appelle nos qualités. S'aimer, c'est arrêter de se mettre dans une case, dans un tiroir, c'est lorsque qu'on accepte que les mots sont là pour sublimer le silence, c'est lorsque qu'on accepte notre propre mouvement et qu'on accueille celui de ceux avec qui nous voulons danser.

Je vous aime tel que vous êtes parce que c'est le meilleur moyen, pour moi, d'apprendre à m'aimer tel que je suis. Nous n'avons pas besoin de devenir, nous n'avons pas besoin de nous améliorer, nous avons simplement besoin d'arrêter de penser qu'il faut travailler sur soi. La vie se charge de nous apprendre ce qui nous est essentiel. Ce qui est passé, est passé. Ce qui adviendra est un mystère. Ton pouvoir se trouve dans l'instant, dans cet espace où tu vas à la rencontre de toi-même. Rappelle-toi que chaque instant est une opportunité pour oser, pour te laisser surprendre, pour te laisser toucher, pour te consoler, pour prendre soin de toi, pour te reposer, pour jouer à nouveau. Lorsqu'on entre en relation depuis cet espace, avec cette volonté d'aller au-delà de nos jugements, nous vivons, tout simplement. Nous arrêtons d'avoir ces petites voix dans notre tête qui nous freinent dans notre élan, nous arrêtons de filtrer la rencontre à l'aide de nos à priori et de nos préjugés. Nous voyons clair. Nous arrêtons de vouloir convaincre les autres qu'on a mieux compris la vie qu'eux, qu'on est plus avancés, plus évolués.

Si nous n'osons pas exprimer notre ressenti, comment pouvons-nous inviter l'autre à être sincère ?
Comment l'autre pourrait-il retirer ses filtres de sériosité si nous gardons les nôtres ?
Est-ce toujours aux autres de faire le premier pas ? Est-ce toujours à l'autre de prendre le risque ?

Parfois, nos appréhensions valent la peine d'être traversées, pour enfin arriver à ce moment où 2 êtres humains se rencontrent, sans à priori, sans chercher à savoir lequel des 2 a le plus raison sur le plus de trucs possibles. Pour oser exprimer sa vérité, pour oser faire une demande, mettre une limite, pour oser proposer, inviter l'autre,  pour oser un petit pas supplémentaire en terre inconnu.


Veux-tu baisser ta garde ? Entrer en relation, en interaction ? Veux-tu plonger dans la rencontre, dans l'inconnu, dans le mystère ?


C'est simple, fais comme les enfants. Ose, joue, Crée, renoue avec ton inspiration, ton imagination, ta créativité, ton envie, ta candeur, ta grandeur. Ces cadeaux, ces sensations de ton enfance sont les meilleures armes dont tu disposes pour prendre plaisir dans le monde des adultes, dans ce monde parfois sombre, éteint, sérieux et froid. Et même si parfois, chez certains, l'interrupteur paraît inaccessible, il est toujours possible d'aller un peu plus loin, d'affirmer un pas de plus, de croire en tes rêves devant l'autre, même si cet autre a oublier de jouer.
Et quand bien même tu lirais du mépris dans son regard, quand bien même tu aurais l'impression d'échouer, ne doute pas d'avoir fais le bon choix. Tu as fais de ton mieux, et certains ont besoin d'être invités plusieurs fois pour enfin accepter de danser. Tu n'as pas besoin de voir la plante pousser si tu es certains d'avoir planté la graine. Le temps se chargera de faire fleurir ce qui doit fleurir.

 

Le courage, c'est cette force de vie qui te montre que tu as raison de croire en toi. Tu as raison de traverser la rivière. Tu as raison de croire en ce qui te fait plaisir.

Profites-en ! Jouis autant qu'il te plait !

Va, rencontre, ouvre ton coeur, soit aussi courageux que lorsque tu te déguisais en chevalier et que tu y croyais. Sois aussi forte que tu l'étais lorsque tu expliquais tes jeux de filles aux garçons dans la cour d'école, lorsque tu osais leur dire que tu les trouvais nuls, mais que tu jouais quand même avec eux, lorsque tu n'avais pas peur d'eux. Souviens-toi de la confiance que tu t'accordais lorsque tu grondais les garçons, parce qu'ils soulevaient ta jupe à l'école primaire. Où est ce courage ? Pourquoi cette distance ? Tu es belle, tu as le droit de dire non.
Tu es beau, tu as le droit d'être sensible.

 

Soyez assez fort pour vous exprimer lorsque quelqu'un dit quelque chose qui ne vous plait pas. Soyez assez fort pour être la personne que vous voulez être. Vous seul pouvez changer votre vision du monde, vous seul pouvez découvrir les êtres humains qui vous entourent. La vie se charge de vous présenter les scènes et les personnes nécessaires pour grandir, pour réaliser. Vous n'avez pas besoin de tout projeter, de tout anticiper, de tout comprendre. Soyez à l'écoute, relâchez la tension et retrouvez votre attention. Transformez votre rigidité en fermeté, transformez votre mollesse en souplesse. Soyez vous et dites oui lorsque ça vous plait, dîtes non lorsque ça ne vous convient pas.

 

Je crois que ce jeu humain consiste à se connaitre soi, à se rencontrer à travers les autres, à sentir ce qui nous plait et à jouer avec. À cet endroit, dans cet espace de l'instant, les paramètres extérieurs s'ajustent pour favoriser cette expérience, cette rencontre avec soi.
À cet endroit, tu sais que tu as le droit de vivre ta vie comme tu l'entends.

Souviens-toi que les ressources sont en toi. Et ce, à condition de s'occuper de ce qui est là maintenant, à condition de prendre soin de ce que tu vies, maintenant.

 

 

Je vous laisse, je vais jouer à la playstation 2 !!
Je vous aime !

Samuel