Timidité et Confiance en Soi

 

 

 

J'étais un garçon timide.
Quand j'étais enfant, c'était ma façon à moi de me cacher, de me faire oublier lorsque j'avais peur des autres. C'était ma façon à moi d'essayer de me protéger du jugement des autres, de l'écrasement que je percevais dans mon rapport aux autres.
Je n'osais pas toujours me montrer, je n'osais pas montrer les dents, je craignais de recevoir des coups.
Et je ne comprenais pas pourquoi les autres aimaient jouer à ça.

Je me cachais à la récré, parfois, et je détestais passer au tableau, en classe.
J'ai cru être nul, faible, j'ai ressenti cette peur, dans le ventre, dans les tripes, j'ai ressenti cette envie de hurler, de pleurer, j'ai ressenti cette envie d'arrêter de vivre. J'ai ressenti ce sentiment de subir la vie et de ne pas choisir, de ne pas créer. j'ai ressenti ce désert, ce vide, à l'intérieur, ce non-sens, ces doutes, et j'ai accueilli tout ça.

Malgré ça, au fond de moi, je sentais qu'il m'était suggéré d'apprendre à danser dans ce vide, d'apprendre à m'aimer dans ce vide, parce que ce vide, avec le temps et l'expérience, est devenu l'espace de la rencontre, avec moi même, avec l'autre, avec ce monde, cette réalité, cette intensité que la vie m'offre de goûter. Ce voyage sur mesure que je dessine pour moi-même, et que je crée, pas après pas. Les merveilleuses rencontres qui m'ont touché, bouleversé, retourné, transformé, n'ont pu apparaître que dans l'espace laissé par ce vide, dans lequel il y a un désir simple de reconnaitre les êtres humains que nous sommes, dans notre sincérité, dans notre simplicité, dans nos rêves, nos envies, dans notre créativité. Depuis ce vide, ce silence, j'entends la musique de chacun, et je compose pour nous.

Je viens te rappeler ton unicité. Je prends soin de regarder ce que tu t'offres, et dans tes frustrations je découvre ce que tu souhaites t'offrir mais que tu te refuses, dans la crainte du regard des autres.

Je mène la danse, puis je te laisse conduire. Nous échangeons les rôles dans une telle souplesse, une telle respiration, qu'on ne sait plus qui conduit, qui mène le jeu. Je nous offre un espace où chacun apporte son terrain de jeu, et nous voyageons dans notre histoire, dans nos secrets, dans nos envie, pour nous autoriser à vivre, plus simplement, de façon plus juste, plus sincère, en arrêtant de nous comporter comme des cons, en prenant soin de ce qu'il est vraiment important, pertinent, de regarder, dans l'instant. Nous créons du lien entre nos aspirations profondes et notre réalisation, notre création.

Nous regardons ensemble ce qui est important pour toi, pour moi, je viens mettre en beauté ce que tu crois être ignoble, mais qui, en fait, est merveilleux, puisque ça fait partie de ce que tu es, de ce que tu veux devenir. Ce n'est ignoble que parce que tu le nommes comme tel, mais nous sommes dans un monde relatif, ce que tu peux t'offrir, c'est de te regarder d'une autre façon, de te comprendre, de te sentir, de te connaitre, en t'offrant un regard neuf sur la façon dont tu construis ta vie, sur la façon dont tu te rencontres dans ta vie, en rendant légitime ce que tu conçois comme étant déplacé, en te rappelant que tu décides, chaque jour, la façon qu'il te convient de vivre, de créer, de détruire, de déranger, de ranger, d'ajuster, dans ta façon de faire.

 

La timidité nourrit le paraître, elle protège l'être d'être vu, reconnu, dans son ressenti, dans sa vérité. Mais sens-tu que ce bénéfice secondaire commence à perdre de son éclat ? Sens-tu as quel point l'être que tu es à besoin d'exprimer sa vérité ? Sens-tu que tu en as vraiment marre de te réprimer ? De ne pas oser t'exprimer ? de ne pas oser quelque chose de nouveau ? Traverser sa timidité est un chemin vers l'être, vers soi-même. Les ressources sont à l'intérieur. De l'état d'être, tu manifestes qui tu es dans des actions. L'action est la mise en mouvement de l'état d'être, c'est la concrétisation matérielle de l'intention.
Nous choisissons à chaque instant le chemin qui nous convient, notre intuition est le meilleur outil pour ça.

Ce chemin n'a pas besoin de validation extérieure, ce chemin est unique pour chacun et notre rôle est de choisir comment voyager sur cette route, comment profiter du voyage, comment s'amuser sur cette terre, car nous sommes là pour ça, bordel !!

J'ai appris de ma timidité. Et j'apprends toujours. Certaines situations d'aujourd'hui me ramènent encore à ça, mais la différence, c'est que depuis quelques années, j'ose de plus en plus, je me confronte à mes peurs pour m'autoriser à dire ce que je suis, ce que je ressens, parce que je trouve ça beau et que je ne veux pas me priver de nous faire ce cadeau, dans ma musique, dans ma pédagogie, dans ma clairvoyance, malgré mes appréhensions, mes doutes, mes fragilités. Et je vous invite à faire de même. Non pas à faire comme moi, mais à aller vers ce qui vous plait vraiment, à comprendre que vous avez un rôle à jouer et que vous êtes capable de transformer votre façon de vivre, vos relations, en changeant votre façon de penser et de vous exprimer.

Depuis quelques temps, je reconnecte avec la spontanéité, la surprise. Je ris quand ça rit, je pleure quand ça pleure, je chante lorsque j'en ai envie, je procrastine quand j'en ai envie, j'écris pendant des nuits entières quand j'en ai envie, je vis de la façon qui me convient, jour après jour, instant après instant. C'est là que je suis bon, parce que je ne produis plus pour produire, mais je produis depuis un feu brûlant du dedans qui a besoin de trouver sa forme sur du papier, dans un morceau de musique, et qui contient une vérité qui me serre la gorge, qui me retourne les tripes, qui me fait me sentir en vie, qui me fait me rappeler ceci : "Putain, qu'est-ce que c'est bon de sentir la vie quoi !"

Sérieux les gars, ces émotions, cette richesse, cette diversité, elle est à portée de bras, et j'en vois certains qui crachent dessus. Quel dommage !! quel dommage de ne pas se reconnaitre..


Mais je sais très bien que sous un visage endormi, il y a un enfant qui a peur, parce qu'on lui a dit qu'un jour il arrêtera de jouer, parce qu'on lui a dit que son plaisir ne durera pas, parce qu'on lui a vendu un monde malade, sclérosé, pourri, un monde dans lequel on hiérarchise l'humanité, un monde dans lequel il faut gagner sa vie, mériter sa place, un monde dans lequel on joue au jeu du pouvoir à cause de notre orgueil, de notre égo mal placé. On ne se rend pas compte qu'en nourrissant ce système, on se prive de soi, on se manque tout le temps. On refuse de voir la réalité en face. On refuse de prendre la responsabilité de ce qui nous arrive, on refuse de comprendre que nous choisissons, pour nous, notre chemin, notre parcours, notre jeu, notre façon de jouer, à ce jeu qu'est la vie. et il s'agit bien d'un jeu qui évolue, on ne peut figer la réalité, on peut cependant apprendre à grandir, à se laisser grandir et à accueillir les changements qui sont proposés, lorsque c'est nécessaire.

J'accueille ma timidité, je la reconnais, elle fait partie de l'être humain que je suis, elle me rappelle à quel point il est important pour moi aujourd'hui de m'exprimer comme bon me semble.

Imaginez. Vous êtes explorateur. Vous découvrez une nouvelle terre, intrigante, mystérieuse, qui regorge de surprises et qui implique de s'aventurer, de découvrir quelque chose de nouveau, d'aller à la rencontre de l'inconnu.
Vous savez, ce moment où vous sautez dans l'eau depuis une falaise, pour la toute première fois, ces palpitations, ce vide ressenti dans le mystère d'une expérience nouvelle, ce souffle coupé lorsque vous vivez l'extraordinaire.. Vous y êtes ?? vous ressentez ça ??
Et bien, la timidité, c'est vouloir dire oui à ce cadeau de l'instant, c'est vouloir vivre l'extraordinaire, mais refusez de se l'offrir, par peur du regard de l'autre. Et ben moi, je vous le dis, j'ai plus envie de me refuser ça, j'ai plus envie de m'assurer qu'aux yeux de tous je reste bien sage, ben droit, que je ne fais pas trop de bruit, que je dois me priver de mon énergie du passionné, sous prétexte que mon bonheur pourrait nuire aux autres, faire de l'ombre aux autres.


Vous voulez marcher sur vos rêves ? allez-y. Moi, j'arrête ça, car aujourd'hui, je l'affirme, je le pose, ici, maintenant : Je veux prendre soin de moi, de mes rêves, des mes plaisirs, de mes aspirations.

À + dans l'bus !!