Tu es seul

Tu es seul.

Moi aussi..

Nous le sommes tous...

Si nous arrêtons 2 minutes de nous faire croire que nous sommes là pour un projet commun, si nous arrêtons de nous planquer derrière les grandes causes communes de cette humanité qui se dit courir à sa perte, nous pouvons alors contempler ce vide vertigineux que nous renvoit notre solitude. 

Tu es venu en ce monde par toi-même, tu es arrivé seul, et tu mourras seul. Personne ne peut décider pour toi. Personne ne peux savoir aussi bien que toi ce que tu ressens. Personne d'autre que toi peut contacter ton coeur, tes tripes, et personne ne peux t'autoriser ou t'interdire tes manifestations.

Ce que tu es venu vivre ici, tu en feras l'expérience. Même si la mort te donne l'illusion d'une porte de sortie, tu sais très bien que tu es ici pour vivre, pour ressentir, pour jouer. Et pour ça, il faut aussi accepter d'arrêter de discuter les règles, pour retourner jouer dans la boue.

Te faire croire que les autres ressentent les mêmes choses que toi, c'est te mentir, en te rassurant, en voulant te cacher à toi-même la puissance de cette solitude que tu peux toucher par moment.

Tant que tu respires l'air des autres, tu étouffes, tu suffoques, tant que tu ne trouves pas ta propre respiration, ton propre mouvement, tu demeures dans cet espace qui a le pouvoir de te valider ou de t'invalider, de t'accorder une bouffée d'oxygène, ou, au contraire, de t'asphyxier.

Tant que tu ne respires que par l'approbation, tu continues de faire exister ce sentiment où les autres te pompent l'air.. Mais qui sont ces autres ? Qu'est qu'ils t'ont fait pour qu'aujourd'hui tu continues de croire que nous pouvons t'empêcher de respirer ? D'où vient ce sentiment que les autres ont le pouvoir de t'écraser ? 

Pourquoi as-tu besoin de nous craindre pour entrer en relation avec nous ?

Quel coup de pied au cul te faut-il pour que tu te mettes à bouger sans attendre l'accord de tes semblables, de tes proches ? 

Peur d'échouer ?? tu n'as fais que ça depuis le début. Peur de te tromper ? C'est ce que tu fais de mieux.

Ce sont tes soi disantes erreurs qui t'ont conduit à être l'être humain que tu es aujourd'hui. Ces évènements ne sont des erreurs que parce que tu décides de le voir comme tel.

 

Car en soi, l'erreur n'existe pas. Il y a juste un terrain de jeu, un mouvement de vie global, et des humains qui se réinventent au fur et à mesure que le temps passe et que nous nous enseignons à travers l'expérience et la rencontre.

Et tu voudrais te raconter que toi, tu as obtenu la vie avec la force de ton courage, de tes efforts, à grand coup de mérite et de récompenses ? Tu voudrais continuer de croire que si tu t'effondre, tout va se casser la gueule autour de toi ?

Pas étonnant qu'en se mettant autant la pression, nous ayons besoin de créer des phases de dépression (t'avais jamais vu ce mot de cette façon, pas vrai ??)

Regarde toi, ta vie est fade au point de devoir créer l'illusion d'être important, pour te rassurer et te convaincre que tu as gagné ta place. Il n'est pas question de gagner ta vie, de mériter ta vie.
Ta vie, elle t'a été donnée le jour de ta naissance, tu en fais ce que tu veux, mais ne te fais pas croire que tu es redevable de quoique ce soit.

Si tu te sentais vraiment à ta place, l'évidence prendrait sa place dans ce silence, et tu ne te poserais pas toutes ces questions. Tout ce que je dis ne te toucherais pas, si tu étais parfaitement à l'endroit où tu te sens être toi.

Reviens dans tes chaussures, décide pour toi, offre toi ce que ton corps demande, redescends dans ton corps. L'expérience humaine est une expérience physique, pas un escape game dans lequel il faut rejeter la matière pour se barrer sur un autre plan.

Embrasse tes idées les plus sombres, elles contiennent toutes les clartés que tu souhaites t'offrir.

Apprends à t'aimer dans ta solitude. Lorsque tu entres en contact par dépendance, pour oublier ta solitude et combler le vide qu'il y a au fond de toi, tu ne fais pas l'expérience de nous choisir librement.
Nous t'aimons à l'endroit où tu t'offres ta liberté, peu importe les choix qui en découlent.

Il n'est pas question de t'oublier plus longtemps. Alors fais toi plaisir, et arrête de nous péter les couilles avec tes justifications à 2 balles. Vis ta vie, ne la justifie pas, tu n'es ni en conseil de classe, ni devant le juge.
Ne sois pas d'accord avec moi, prends mes mots et fais les tiens. 
Ne demande pas, ne t'excuse pas. Prends ce qui te fait plaisir, rapproche toi des tes désirs, touche les, et embrasse-toi.

Et peut-être qu'alors, tu pourrais profiter de cet espace de vide pour goûter ton plein..